07 décembre 2006
Ce mois-ci
J'ai consacré 14,7 % de mon salaire net à des dépenses tout à fait inattendues...
Devinez quoi !
Pour vous aider, je dirais que la somme versée (en deux fois) va me permettre de participer courageusement à l'effort commun... ce que je devais faire insuffisamment, aux yeux de certains, semble-t-il...
Pour vous aider encore, j'avouerai que je me suis haie pour cela !! lol
Et je promets que ça ne se renouvellera pas !!
A bientôt !
Heu... C'est un peu de ma faute, aussi... Evidemment...
:-(
13 octobre 2006
Dans le gaz...
Le long filet de flétan est déjà dans le four, en papillote, avec seulement sel, poivre, quelques herbes et un filet d'huile d'olive aromatisée au citron. C'est un poisson à la chair tendre et raffinée... Un poème sensuel qui offre au regard une chair souple aux formes généreuses, au palais la tendresse de mers lointaines et glacées... * (fig.1)
Fig.1
Un régal en perspective... Mais n'allons pas trop vite ; pour l'heure, le parfum subtil de ce mets raffiné n'emplit pas encore la cuisine, et il y a loin de la fourchette à la bouche ! Pendant qu'il cuit, je me décide à des épinards à la crème (surgelés, c'est bon aussi) et je tente d'allumer un brûleur. En vain. Consternation. Déception. Désarroi. Plus de gaz. Mon Dieu ! Pourvu qu'il y ait une autre bouteille de gaz dans le placard !
Je suis une femme prévoyante.
Et il y a toujours une autre bouteille de gaz dans le placard. J'ai des preuves ** (fig.2)
Fig.2
D'ailleurs, il le faut bien, mon four à micro-ondes m'a laissé choir il y a peu et je n'ai pas encore trouvé une minute à moi pour le remplacer.
L'ennui avec ces bouteilles, c'est la mise en place *** (fig.3)
Fig.3
Je dévisse l'ancienne, et je m'attelle à brancher la seconde. Je me rappelle à chaque changement de bouteille que la fois précédente, déjà, j'avais oublié le détail qui tue, le petit truc à faire pour que ça fonctionne, la sécurité ultime à déverrouiller pour que le gaz passe. Pour qu'on puisse enfin dîner.
Car le temps s'écoule paisiblement mais sûrement...
Et cette fois-ci, comme les fois précédentes, j'ai oublié quel truc il faut machiner après avoir clipsé le chose. Pourtant je sais aussi qu'à chaque fois, je finis invariablement par trouver. Au bout de quelques minutes. Le rapport amnésique que je porte souvent aux menus incidents de ma vie n'est pas très éloigné de celui qui caractérise les grandes leçons que l'Humanité ne tire pas de son Histoire. N'est-ce pas ainsi que les pires génocides se répètent ? Cela ne fait pas de moi une grande criminelle, mais tout de même...
Au demeurant, un timide rai de lumière m'éclaire tôt ou tard...
Je ne perds donc pas espoir. Après quelques tentatives stériles, je sens que resurgit de mon inconscient, profondément enfoui dans les insondables abysses de ma mémoire défaillante, propulsé à la surface par le sentiment d'angoisse diffus d'une mère qui doit nourrir ses petits affamés et se découvre alors des resources insoupçonnées, je sens que resurgit, dis-je, le souvenir vague d'un bitoniau habilement dissimulé derrière le mécanisme, et destiné à recevoir une pression ferme de ma main délicate.
Me croirez-vous ? Je le trouvai **** (fig.4)
Fig.4
Je ne sais comment décrire la déferlente qui me submerge alors... Un sentiment de soulagement, bien sûr, comme tout le monde. Mais chez un être aussi handicapé que moi dans ce domaine, l'impression ressentie s'apparenterait davantage à la première expérience de la marche après des mois de chariot roulant à la suite d'un douloureux accident de voiture. Une victoire sur l'infirmité. Une trêve sacrée. Un sursis divin.
J'appuie donc sur le bouton dont la fonction première est de me pourrir la vie tous les trois mois approximativement... Et là...
Je suis une femme prévoyante.
Il y a toujours une deuxième bouteille dans le placard.
Vide.
* On relèvera tout de même des conditions de logement avantageuses : plusieurs bassins distincts en fonction de l'âge de l'animal afin d'éviter tout à la fois une trop grande promiscuité qui nuirait immanquablement à l'épanouissement individuel d'une part, et d'inutiles conflits de génération d'autre part.
** Des esprits superficiels s'attarderaient sur la couleur ensoleillée particulièrement seyante à cet accessoire indispensable aux ruraux qui n'ont pas encore le gaz de ville. Mais nous n'en ferons rien et notre propos, infiniment plus grave, n'est pas là.
*** La photo se passe de commentaire. La complexité du mécanisme est évidente.
**** Le bitoniau incriminé est invisible à l'oeil nu. Seul un grossissement suffisant (cliquer sur la photo) permet de le mettre en évidence.
25 septembre 2006
Un dimanche sans Vincent Delerm
J'ai fait ça pour la chambre de mon fils dimanche, et je vous livre la notice.
A vos tablettes, ingénieurs ! Une grossière erreur (écrite assez petit, d'ailleurs...) s'est glissée dans une des pages (les autres sont rigoureusement exactes). Le genre d'erreur qu'on ne mesure qu'une fois qu'on a tout fini...
Enfin, ne cherchez pas trop quand même... de toutes façons, c'est Myrtille qui trouve à la fin (j'espère qu'elle va penser à passer... !)
Bon courage quand même !
P.S. : vous voulez voir la notice du samedi ???
25 mai 2006
Visite annuelle
Cela doit arriver à tout le monde de
temps en temps. On reçoit des amis que l'on n'a pas vus depuis
longtemps. Et ceux-là, cela fait un an qu'ils ne sont pas venus à la
maison. Nous nous étions connus au Maroc, il y a dix ans, à travers nos
filles (les parents comprendront : on rencontre énormément de copains
et parfois on découvre des amitiés durables à travers les enfants qui
se fréquentent à l'école ou en club). J'étais jeune alors et mon second
enfant avait deux ou trois ans, je croyais que je finirais mes jours en
Afrique, tandis qu'Isabelle et Pascal étaient là pour un contrat de six
ans. Nous passions des demi-journées entières, Isabelle et moi, une ou deux fois par
semaine, à parler, cancanner, nous confier nos tracas petits et grands.
Elle a ainsi traversé les plus grosses crises de feu mon mariage, et
nos enfants ont grandi ensemble au bord de l'océan, les pieds dans le
sable, souvent pieds nus partout ailleurs. Nous prenions le café et un
gâteau sous la tonnelle installée par Pascal dans sa maison à quelques
encablures de la côte. Je garde de ces instants un souvenir vif,
brûlant de soleil et de chaleur sincère. Leurs enfants ont le même âge
que les miens, aussi il était facile de passer l'après-midi à ne
s'occuper que de nous tandis que les enfants jouaient comme des fous
dans la maison, le jardin, ou bien partaient à la plage avec Omar, le
gardien (oui, il y avait un gardien, un homme adorable qu'ils ont revu
avec un plaisir inouï lorsqu'ils sont revenus pour la première fois
après leur retour en France).
J'ai accueilli sans aucune joie la nouvelle de leur départ définitif du Maroc. J'ai suivi leur exemple deux ans plus tard.
Depuis
que nous ne vivons plus à quelques kilomètres les uns des autres, nous
nous voyons, invariablement, quoi qu'il arrive, une fois par an.
Pas plus. Parce que c'est compliqué (ils habitent loin).
Le plaisir est intact à chaque fois.
Et nous reprenons la conversation, comme si cela était parfaitement naturel, où nous l'avions laissée à la précédente visite.
23 mars 2006
Rendez-vous chez le médecin
Nombreux, je le sais, sont ceux qui n'osent pas réclamer un bulletin
de santé, qui s'interrogent, muets, anxieux, sur le dernier rendez-vous
médical de Roxane.
Qu'ils se rassurent ! Non seulement j'étais à
l'heure au rendez-vous laborieusement fixé (voir précédente note), mais
l'entrevue fut exceptionnellement rapide. Et un nouveau rendez-vous est
fixé pour mercredi prochain, même jour, même heure. Même jour.
J'avais oublié mes radios...
Je suis à peu près certaine d'arriver à me rappeler que je dois amener ces fichues radios.
Mais de là à me souvenir AUSSI de la date et de l'heure du rendez-vous...
Pfff... C'est dur, d'essayer d'être en bonne santé !
20 mars 2006
J'affiche complet
Eh bien, oui ! C'est dans ces périodes
épuisantes où mon emploi du temps me laisse peu de temps, où le
quotidien est un grand moment de solitude et où les erreurs et les
décisions lourdes sont à prendre en concertation étroite avec moi-même,
qu'il m'arrive d'en oublier un peu ! Ainsi, samedi matin, j'avais un rv
chez un médecin que j'ai complètement oublié. Si complètement
d'ailleurs que je n'ai pas téléphoné dans la journée. L'après-midi,
j'avais rv avec une collègue et copine pour boire le café chez elle.
J'ai oublié. Elle a appelé sur mon portable, je n'ai pas reconnu son
numéro, et c'est passé à la trappe jusqu'au soir, où ma fille, qui
avait reçu un coup de fil de ladite copine, m'a rappelée à mes devoirs
de copinage. Extrêmement confuse (ces situations me mettent dans des
états indescriptibles !), j'ai rappelé courageusement. Elle est sympa,
et je suis sûre qu'on finira par le prendre, ce café, mais quand même !
Pour
ceux qui s'inquièteraient pour le médecin qui a eu un creux dans sa
journée de travail, qu'ils se rassurent ! J'ai rappelé le matin vers
10h15 pour lui dire que je serais en retard au rv de 10h45 (je venais
de me rappeler le rv au moment où mon bain venait de finir de couler !)
C'est alors qu'il me rappelle, avec le flegme qui caractérise ce
libanais plein de bonhomie, que nous étions dimanche, et que comme il
fait un transfert d'appel, je l'ai eu directement chez lui. Trop forte !
Je me croyais samedi... J'en ai quand même profité pour prendre rv mercredi 14h.
Mercredi. 14h.
Pensez à me le rappeler !
Merci d'avance.
Pardon ? Est-ce qu'il m'est déjà arrivé d'oublier mes gamins à l'école quand ils étaient plus petits ? Dans ces moments-là ?
J'ai même oublié ceux des autres, alors les miens, pensez donc !
Par bonheur, j'ai des amis qui m'aiment beaucoup... Mes enfants aussi, d'ailleurs.
Et pour ne rien vous cacher, ma fille aînée dort avec son trousseau de clefs et mon fils a dû aussi se prendre en charge... !
28 février 2006
Je ne sais pas...
Je ne sais pas entrer dans une librairie ! Et plus exactement, je ne sais pas en sortir...
Si je n'achète rien, fait rarissime, je ressors frustrée et je reviens un peu plus tard. Ainsi, cet après-midi je suis allée à
Ombres Blanches
à Toulouse, puis à Gibert, et dans la première, avec mes deux enfants
(10 et 14 ans pour ceux qui ne suivent pas !), nous avons flâné comme
devant des étalages de gourmandises laissées sans surveillance, dans un
espace lumineux, ample, agrémenté de fauteuils. Nous avons y consacré
une heure, au cours de laquelle les deux lardons sont restés retranchés
dans l'espace qui leur était réservé, tantôt déambulant d'une étagère
à une autre, tantôt affalés par terre ou sur un pouf pour lire des
bédés. J'en ai donc profité pour découvrir quelques nouveautés,
quelques anciennetés, quelques raretés. J'hésite, je tergiverse, je
progresse lentement, je reviens en arrière, songe déjà à ce que
j'achèterai la prochaine fois (!), me désole devant tout ce que je n'ai
pas encore lu, m'émerveille devant tant de livres...
Une heure et
115 € plus tard (dont 80 pour les loupiots !), nous arrivons à Gibert,
où nous faisons une halte assez rapide (tu m'étonnes...) mais mon fils
en profite pour acheter six mangas (avec son argent de poche, je ne
finance pas cette littérature - pardon Myrtille !!) et je m'en sors
honorablement avec un ticket de caisse de presque 15 € seulement !
Bien
sûr nous avons assorti cette copieuse (et lourde !) nourriture
spirituelle d'un déjeuner au Mc Do (ceux qui ont des enfants dans la
salle me pardonneront). Ce fut également copieux et lourd...
Le bus qui nous avait amenés en ville avait contourné laborieusement des travaux avant de tomber en panne...
Quant au retour, il faisait terriblement froid...
En somme, nous sommes rentrés ravis !
Il n'empêche, mes passages dans les librairies sont rarement indolores pour mon budget... Mais c'est tellement agréable !
Il
ne me manquait qu'une chose : cette ambiance de rats de bibliothèque
que je n'ai trouvée qu'à Londres, dans quelques librairies de Charring
Cross Road,
long boulevard abandonné aux bouquinistes, libraires et
autres passionnés de livres. Dans certaines d'entre elles, il était
même difficile de mettre un pied devant l'autre tant les ouvrages
jonchaient pêle-mêle le sol dans le plus total désordre ! Toutefois,
certaines de ces librairies ont dû fermer en raison du montant
exorbitant des loyers pratiqués dans la capitale britannique. Elles sont donc moins nombreuses que
par le passé.



