24 mars 2009
Je m'interroge...
Je suis très fatiguée à l'heure actuelle, et mon médecin m'a prescrit une prise de sang afin de déceler l'origine de cette hypotension : 9.6, pensez donc ! Et me prélever du sang dans ces conditions ! Si ce n'est pas criminel...
Je ne sais que penser : pour connaître son mal, doit-on l'aggraver ?
12 mai 2008
Autour d'une table de salon
Un soir, deux soeurs se retrouvaient...
24 septembre 2007
Vert amande
Le regard que nous portons sur notre décor quotidien tient décidément à tout autre chose qu'à notre seule vue. Et si la lumière aveuglante du soleil, lorsqu'elle se réverbère sur la brique, nous arrache parfois insidieusement à nos pensées intimes pour nous rappeler à la vie et à ses couleurs insolentes, il ne faut pas plus qu'un coeur léger, un souvenir délicat, une main abîmée dans la nôtre, pour projeter sur la grisaille d'un jour sans âme une gaité inhabituelle, pour faire de nos monuments ordinaires les piliers massifs d'une histoire orgueilleuse.
Et la cathédrale Sainte-Cécile d'Albi n'est pas un édifice ordinaire. C'est une démonstration de force, le plus grand ouvrage en brique que le monde ait jamais porté, la preuve éclatante de la volonté papale d'asseoir sa puissance après la sanglante épopée cathare, après cette répression impitoyable d'une minorité dissidente, après la guerre et ses ruines. Après les corps sans vie qui longtemps hantèrent les nuits des survivants, il fallut deux siècles à l'Eglise pour affirmer sa domination sans failles. Deux-cents ans pour bâtir le gros-oeuvre de cette puissante cathédrale. Rouge brique sur rouge sang.
Albi la rouge sous un ciel gris. Et hier, dans ses yeux verts.
02 septembre 2007
Le meuble jaune
Le temps a suspendu son cours effréné lorsqu'elle a refermé la porte derrière moi. Un parfum de champignons sur le feu, je me suis retenue de m'exclamer.
Un goût de vieux...
Ceux qui ont grandi à la campagne savent qu'on y vit dans la salle à manger. On ne prend pas là seulement ses repas. Bien souvent on y regarde la télévision et on y reçoit aussi les visiteurs, prompts à s'asseoir à la table pour prendre un café et un bout de gâteau. Nul besoin pour cela d'un canapé où l'on s'enfonce inconfortablement et autour duquel on manque de place pour déposer boissons et nourriture.
Nous ne nous connaissons pas, je lui expose l'objet de ma visite inattendue. J'aime aborder les vieux, leur parler et les écouter. J'habite à quelques encablures, je suis intéressée par la location d'un garage et je me suis laissé dire qu'elle en louait plusieurs. Nous bavardons.
Une table à la nappe plastifiée, aux motifs surannés ; un meuble en formica d'un jaune fatigué, l'incontournable fauteuil sans âge câlé dans un coin de la pièce depuis un demi-siècle. Un fauteuil pour s'asseoir. Dans ces maisons-là, c'est souvent la même personne qui y prend place, c'est la sienne depuis toujours. Des tons démodés. La pièce est claire, et les odeurs de cuisine continuent de l'embaumer. Mes papilles frémissent. Je raffole des champignons...
Un goût de souvenirs.
Aucun garage n'est libre à l'heure actuelle, mais elle conservera mes coordonnées que je m'empresse de lui fournir. Elle est vive et enjouée, entraîne la valse des mots vers d'autres horizons. Je m'y laisse emporter.
La salle à manger, figée dans des décennies d'une activité immuable, prend vie de nos voix animées. Nous parlons de tout et de rien, en voisines qui se découvrent. La conversation s'éternise un peu, comme seuls les vieux savent le faire. Le temps n'est plus.
Un goût d'enfance.
Il entre alors de son pas lent, mal assuré. Plus âgé qu'elle, il me remarque à peine, lance un regard distrait vers son épouse qui lui expose l'objet de ma venue, puis il prend naturellement place dans le fauteuil. Une fraction de seconde, un voile de tendresse lasse. Ce qui reste après la passion, les enfants, les incertitudes et les conflits.
Ces deux-là se sont aimés.
Et ce goût d'éternité.
24 juillet 2007
C'est triste
C'était un matin de juillet, je foulais les planches de Deauville. Il était tôt, il était gris. Des nuages chargeaient le ciel de la pluie à venir. Il faisait frais, et seule la marche vive que j 'avais entamée me faisait oublier les rafales glacées qui me giflaient les joues. Il faisait presque sombre, il faisait presque froid. Un cimetière de parasols s'étalait devant moi, immense, témoin silencieux d'une saison mort-née, croix aux couleurs indécentes qui masquaient mal la misère inattendue du lieu, lendemain d'une sombre bataille sur un sable trop lisse.
Dieu que c'est triste, Deauville, sans Trintignant...
11 mai 2007
Marcher...
Je ne partage pas ces instants cristallins. J'ai peur de gêner l'autre par des silences inattendus, moi qui parle tant... Peur de partager ces moments mélancoliques et d'être mal comprise. Peur d'inviter l'autre à mes propres absences, à goûter en partage à ce qui ne croît que dans les espaces de grande solitude ?
Marcher, pourtant... Prendre le large au soleil qui décline, se fondre dans la lumière moins vive, n'opposer aucune résistance à la fraîcheur qui s'installe pour les heures à venir. La sentir se glisser sous la maille, couler sur la peau. Jusqu'à mordre. Se laisser prendre.
Et rêver.
Quelquefois il ne s'agit que de réflexions un peu brouillonnes sur des sujets très clairs, rarement interrompues par le parfum d'un magnolia ou un aboiement au loin. Souvent, lorsque mon esprit s'affranchit enfin, que je ne suis plus assaillie par mille questionnements, je sombre alors dans une rêverie sans fond, bercée par les couleurs, apaisée par la vie aux contours immuables autour de moi, accâblée d'un bonheur stupide qui n'a d'autre source que l'évidence de lui-même.
Alors je rentre, à pas lents, sereine et triste.
Il fait frais, presque nuit.
04 avril 2007
Orage printanier
Hier en fin d'après-midi, je suis sortie de chez moi et j'ai marché une heure... La campagne environnante... Le parfum insolent des magnolias... La nonchalance des bêtes dans les prés et les enclos... Les couleurs violacées d'un orage qui n'éclatera qu'à la nuit tombée... J'étais seule. C'était délicieux.
26 septembre 2006
Amis blogueurs
Cette Toile qui se tend tous les soirs...
Le Loup et ses jeux de mots impayables, son bureau d'angle élégant.
STV qui vient nous voir à Toulouse, finit par nous connaître.
Enn' et ses photos, Enn' et ses cafés, Enn' et ses bouillons.
Myrtille, son humour irrésistible, sa vivacité.
Téta, elle, ne reçoit que chez elle, elle n'a pas de blog. Mais c'est encore mieux.
Pierre, jeune érudit impertinent à l'humour corrosif ; il ressemble à son oncle.
Lewis et sa finesse particulière.
Mido, ses photos toutes en douceur, toutes en nature.
Honey et ses rugbymen.
Doudou qui me rappelle le soleil amer de l'expatriation et dont je me sens complice.
Je ne vous cite pas tous, mais tous j'aime vous retrouver, tous différents et tous au rendez-vous, croisés sur vos blogs, à plus d'heure quelquefois, ou sur le mien.
Je crois qu'on finit un peu par se connaître, et c'est peut-être ce qu'il y a de bien dans l'anonymat de la Toile : il s'agit bien d'un leurre. Pas plus que dans la vie, il n'y a d'anonymat. Le voile se lève peu à peu. On s'amène avec soi-même, me disait un ami... J'ajouterai : où que l'on aille. Certains pseudos laissent place aux prénoms, on ne sait plus comment s'appeler quand on se voit. Mais le soir on se retrouve sans se donner rendez-vous. On s'attend néanmoins, regrettant les absences, les manquements à l'appel. On sait que Lui est parti quelques jours, qu'une autre ne travaille pas ce matin-là.
Et c'est bien ainsi.
12 septembre 2006
Nietsche
"Rien ne vaut rien. Il ne se passe rien. Et pourtant tout arrive, et c'est indifférent."
21 août 2006
La valse des saisons
Pendant mon long séjour en Afrique, j'ai eu le temps d'oublier ce bal incessant, en mouvement perpétuel, des bourgeons qui éclosent et des feuilles qui tombent. Aux longs mois chauds où nous mangions dehors succédaient quelques semaines froides où l'on grelottait parce que les maisons n'avaient pas de chauffage central. Entre les deux, rien ou presque. Cette alternance de joie et de tristesse, qui a bercé mon enfance, me manquait terriblement et ainsi, pendant dix ans, je n'ai plus vu d'automne, ou du moins pas dans ces tons d'ocre et de rouge insolents, pas dans cette profusion de feuilles ensanglantées, ni dans cette atmosphère de crépuscule de vie qui enveloppe toute la campagne et imprègne les gens.
Cette saison mal-aimée, redoutée de moi-même autrefois, m'a manqué au-delà de ce que j'aurais pu imaginer. Pour ses couleurs flamboyantes au chevet de l'été mourant, pour cette impression diffuse de fin de règne.
Pour avoir détesté l'automne, en avoir été tant privée, je l'aime aujourd'hui d'une passion nouvelle, attentive, attendrie.
Par les porte-fenêtres du salon, les premières feuilles jaunies annoncent un incendie formidable à nul autre pareil.








