02 mars 2008
Lipogramme
Hier soir Honey, à ma gauche, me rappelait que certains membres de l'honorable Polyblog Frivoli où je réside parfois en colocation, se faisaient extrêmement rares... Hum ?
Ce matin, accablée de culpabilité et alourdie des 2473 calories méthodiquement ingurgitées hier soir dans une atmosphère bonne enfant cultivée par une maîtresse de maison rayonnante où les sujets superficiels sur les perspectives d'évolution de Frivoli pour les années à venir le disputaient sans transition à des réflexions, graves, profondes, sur les représentations phalliques dans l'Egypte Ancienne*, accablée disais-je donc et l'esprit vif néanmoins, je pris le parti de relever le défi d'une étrange disparition.
Il s'agit donc de rédiger un texte de six lignes (en l'occurrence transformées en six vers pour raccourcir l'exercice !) sur le thème du secret, et sans utiliser la lettre E (la contrainte n'exclut pas l'usage de certaines figures de style... comme la répétition... bien pratique quelquefois !)
* segment rajouté dans la version du Pharisien Libéré à paraître demain
01 mars 2008
Didine
J'avais bien aimé Les poupées russes, aussi j'avais bien envie d'aller voir Paris, et l'idée nous plaisait bien à tous les deux. Je m'attendais un peu à y retrouver la peur de la solitude et une certaine tendresse.
Jeudi soir, pourtant, il y a trop de monde dans la queue devant l'Utopia de Tournefeuille pour espérer jamais arriver à obtenir deux places. Rapide coup d'oeil sur le programme... Autour de nous quelques déçus rebroussent chemin, vont peut-être boire une bière dans un bar, s'embrasser un peu plus loins ou rentrent chez eux le coeur alourdi... Et au programme, il y a Le roi et le clown et Didine. Le premier ne nous emballe pas et je suis sceptique sur le second, mais un peu d'insistance sur ma droite vient rapidement à bout de ma faible résistance. J'aime ce moment où tout sombre, où les voix se taisent, dans l'attente magique aux parfums d'enfance d'une histoire qui va nous être racontée en images.
Didine... Surnom ridicule, jeune femme maladroite, peu assurée, éternellement seule, toujours accompagnée, en quête perpétuelle de l'âme soeur.
Je me suis assise pour l'instant magique. Mais Géraldine Pailhas joue juste, elle a dans le regard le souvenir de Mathilde Seigner avec plus de finesse, et à travers 1h45 d'un parcours initiatique à la fois cruel et drôle, s'approprie timidement la vie et rencontre l'amour.
Autour d'elle, une amie qui mord dans la vie se suicide, une vieille femme acariâtre apprend à sourire, un paumé se cherche, et Nicolas, une pointe d'humour acide dans la voix, l'attend...
Ce serait presque banal si le ton n'était pas aussi touchant et juste, dans la voix, le geste inachevé, le choix de la robe.
Seulement un bon film passé inaperçu.