28 juillet 2007
Un français en Afrique
Les journalistes sénégalais sont gens susceptibles. Ils ne sont pas encore des familiers du nouveau monarque français et par conséquent, ignorent tout de nouvelles pratiques qui, dans notre paysage démocratique, ne semblent déjà plus choquer grand monde. Aussi bon nombre d'entre eux ont-ils cru juste de s'émouvoir du traitement réservé à leurs collègues français dans quelques papiers nationaux . Ainsi nos gratte-papiers se seraient déplacés dans un avion affrété spécialement pour eux. Mais ce ne serait pas tout : au Sénégal, on juge indécent que les mêmes soient logés au Méridien aux frais de la république française ! Pis que cela : on leur regrette presque les frais de bouche prétendument pris en charge par l'Elysée.
Mais y avait-t-il vraiment un journaliste dans l'avion ? Comment ? Des dizaines ? Destinés à graver cet événement dans tous les esprits embrumés ?
Les gens sont méchants...
Et je ne dirai rien du discours jugé paternaliste que notre chef de l'Etat a infligé à un parterre d'étudiants médusés, parlant sans fin du paysan africain qui '"vit avec les saisons", dont "l’idéal de vie est
d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel
recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes
gestes et des mêmes paroles." Avant de porter le coup de grâce en ajoutant, désolé : « jamais il ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer ».
Et la repentance, me direz-vous ? Fi ! Parlant des colons qui firent tant de mal à l'Afrique :
"Ils se trompaient mais ils étaient sincères."
Dans une presse sénégalaise largement en colère, j'ai croisé des mots durs, forts, comme "injure", "humilier".
Certains jours, il m'arrive d'éprouver une tendresse inattendue pour son prédécesseur...
24 juillet 2007
Restons légers !
Ce que j'aime dans le vélo, c'est qu'on peut en faire par tous les temps !
C'est triste
C'était un matin de juillet, je foulais les planches de Deauville. Il était tôt, il était gris. Des nuages chargeaient le ciel de la pluie à venir. Il faisait frais, et seule la marche vive que j 'avais entamée me faisait oublier les rafales glacées qui me giflaient les joues. Il faisait presque sombre, il faisait presque froid. Un cimetière de parasols s'étalait devant moi, immense, témoin silencieux d'une saison mort-née, croix aux couleurs indécentes qui masquaient mal la misère inattendue du lieu, lendemain d'une sombre bataille sur un sable trop lisse.
Dieu que c'est triste, Deauville, sans Trintignant...
23 juillet 2007
Les siestes d'une demoiselle
Que c'est bon l'air de la montagne
Lorsqu'allongée l'heure venue
A la sieste l'on m'accompagne
Sur un lit d'herbe à demi nue
C'est une pensée qui m'effleure
Aux fins pétales violacés
Me titille va et se meurt
Dans mon esprit las embrumé
C'est un oeillet rose candide
Qui dans un reflet azuré
Croise cette oeillade languide
Dans un regard d'un noir de jais
C'est une gentiane pédante
Qui donne à mes baisers brûlants
Une amertume qu'impatiente
Ce qui reste de vêtements
Et c'est un cytise amusé
Par tant d'audace sans malice
Qui déploie ses fleurs orangées
Dressées en un bouquet complice
Je vous fais grâce de la fin
Sachez seulement qu'aujourd'hui
Au milieu de volcans éteints
Nous avons enflammé la vie
Mais vous voulez déjà connaître
Nos secrets le reste du temps
Et cela tient en peu de lettres
Nous marchions tout simplement

