09 mars 2006
Inconditionnelle
Je n'apprécie pas outre mesure le basket mais je suis une fan
inconditionnelle de Michael Jordan. J'aurais donné cher pour aller voir
sur place, une seule fois dans ma vie, un de ses matchs en NBA, et
aujourd'hui encore, ne pas l'avoir fait, ne jamais plus espérer le voir
un jour jouer, est un de mes plus vifs regrets.
Je déteste la boxe. Pourtant j'ai vu certains des matchs de Mohammed
Ali des dizaines de fois, parfois en boucle, scotchée devant la télé,
rivée sur son jeu de jambes, vaincue par son charisme, fascinée par ses
provocations. Je connais par coeur le match contre Foreman à Kinshasa en 1974.
Ce huitième round annoncé... Son rival mettra deux ans à s'en remettre.
Mais ce n'était pas seulement des sportifs, c'était, pour le premier,
un artiste engagé, un danseur sur le ring, un esthète dans le geste, et
pour le second un immense perfectionniste, un homme constant dans
l'effort extrême, dans la créativité.
Mais là où Mohammed Ali a échoué, Jordan a réussi prodigieusement bien
: il est parti sur un point gagnant, sur un point historique dans un
match inoubliable contre les Jazz d'Utah en 1998. Ce shoot-là a fait le
tour du monde, il a permis aux Chicago Bulls de remporter la finale
d'un seul point à moins de 10 secondes du coup de sifflet !
Ils appartiennent bien sûr à des époques et des contextes sociaux et
politiques bien différents, et ne se ressemblent par ailleurs en rien.
Mohammed Ali était passionné par la cause des noirs et s'était engagé
contre la guerre du Vietnam; Michael Jordan est le premier à avoir
donné une dimension aussi importante au sport-business et à avoir
popularisé le basket au-delà de toutes frontières.
Tous deux laissent un héritage, et quand je pense à eux, quand je
revois leurs gestes dans certains matchs, leurs regards, j'ai le coeur
qui se serre malgré moi.
Et il est fascinant de voir que 30 ans après le mythique match qui a vu
le colosse Foreman s'épuiser pendant sept rounds à cogner
inlassablement sur un Mohammed Ali impassible, provocateur, sans
réactions, qui a vu la montagne Foreman s'écrouler sous la première et
unique combinaison de coups d'Ali, en cinq secondes, il est fascinant,
donc, de constater que quelques 30 ans plus tard, un certain 30 octobre
2004, Laila Ali, cinquième fille de Mohammed Ali, 23 ans, boxeuse professionnelle, dans un match-revanche
historique dans l'état de New-York, a boxé contre Jacqui Frazier, fille
de Joe Frazier, ex-avocate de 39 ans, boxeuse professionnelle. La
première battra la seconde,
dans un combat acharné, au ... huitième round !
J'ai collectionné les vidéos et autres documentaires sur eux, en ai
perdu beaucoup dans les méandres de ma vie. Je le regrette vivement !
Artistes dans le jeu, créatifs et perfectionnistes, j'ai aimé aussi,
par-dessus tout, leurs sourires séducteurs, leur charisme, leur beauté
d'une grande pureté !
A
12 ans, envieux des privilèges des blancs et déjà plein de morgue,
Cassius Clay, furieux de s'être fait chiper sa bicyclette, entre dans
une salle d'entraînement de boxe de Louisville (Kentucky) sur les conseils ... d'un flic blanc,
qui sera le premier à lui enseigner les rudiments de ce sport
auquel il lèguera sa marque légendaire.
Je ne sais pas s'il retrouva jamais sa bicyclette, mais on remercie le voleur.
Pendant
7 rounds interminables, où un Foreman déchaîné donne toute sa
puissance, Ali encaisse sans broncher... Pour un Foreman habitué à
finir en 4 rounds, ce sera trop long !
Ali flirte avec les Black Muslims de Malcolm X, quelque temps avant l'assassinat de ce dernier...
Et ce sourire... Ici avec Sidney Poitier.
Et voici sa fille ! Ca ne s'invente pas...
Michael Jordan : un athlète aux qualités physiques exceptionnelles... !
Nombre
de ses adversaires diront surtout de lui que lorsqu'il était en état de
grâce, personne ne pouvait l'arrêter... C'est un regard de tueur...!

"I believe I can fly ..."
Ici avec son inséparable Pippen, n°33.
Cette note était au
départ conçue pour Frivoli, car je n'avais pas écrit sur ce site de
furieux depuis longtemps, et ce sujet me tient à coeur. Mais au final
il me paraît un peu décalé par rapport à la ligne rédactionnelle fort peu sportive des
frivolibres, alors je n'ai pas osé...
Commentaires
Arf... c'est marrant de voir une femme fans de sportifs!
Une note instructive... et très belle! Je connais peut-être pas assez Frivoli, mais je pense qu'elle aurait pu avoir sa place dessus : Frivoli ce sont essentiellement des mots, et tu as une façon de parler de sport légèrement plus envoûtante qu'un journaliste de l'équipe... ;D
Cette note m'inspire. Les Grands Sportifs inspirent. Bravo et merci. Et peut-être qu'un de ces quatre...
Fiouuu !
J'en ai des frissons, quand je pense à ce à quoi nous avons échappé...
Correction
Crooke : mais ! T'es pas en train de plancher, toi ? Mais que font Cicéron et Virgile ??
STV : oui... un de ces quatre... on mangera une raclette ! lol
myrtille : ben oui, et encore, j'ai illustré avec des photos, c'est moins indigeste... (reconnais qu'ils sont beaux, quand même...)
heureusement que tu m'as laissé
Tony Parker!
[Myrtille: j'ai baptisé mon chat "Rousseau" d'après Florian Rousseau! Je ferai une note, bientôt, pour en expliquer la raison.]
J'aime ce texte, Roxane...j'aime le sport télégéniques, moi, surtout ceux que je ne pratique pas/plus!
Honey
Ah ! Tu as fait de la boxe ?
Moi
Une de mes prochaines aura pour titre :
Moi et le sport.
Na !
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