Les carnets bleus de Roxane (si, si...)

Démangeaisons d'écriture... (quelquefois)

24 mars 2009

Je m'interroge...

Je suis très fatiguée à l'heure actuelle, et mon médecin m'a prescrit une prise de sang afin de déceler l'origine de cette hypotension : 9.6, pensez donc ! Et me prélever du sang dans ces conditions ! Si ce n'est pas criminel...
Je ne sais que penser : pour connaître son mal, doit-on l'aggraver ?

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19 mars 2009

Appelons-le Mourad

Cette sortie avait été organisée de longue date pour cette classe d'élèves. Nous étions tous impatients, et au moment de monter les imposantes marches du bâtiment, un peu de trac. On nous fait entrer, on nous suggère de prendre les places un peu plus au fond, celles des premiers rangs étant réservées. Comme souvent. La salle n'est pas vraiment petite, mais il y a du monde. Des jeunes entrent, cherchent une place, certains sont graves, des familles parfois. Peu d'enfants : la pièce qui va se jouer est destinée aux adultes et aux adolescents.
Une femme d'une quarantaine d'années, posée, la voix claire, informée de notre venue, s'approche et nous explique comment va se dérouler l'après-midi puis elle présente brièvement les différents protagonistes qui prendront bientôt place devant nous. C'est la partie pédagogique.
Puis nous nous levons et ils entrent. Des femmes essentiellement, en costumes figés. L'une d'elle, petite, que j'aurais souhaitée plus imposante, prend place au centre de la scène, s'assied. Nous l'imitons.
Cette fois, la lumière ne s'éteint pas sur la salle.
La première partie voit défiler des personnalités très différentes, des destins inattendus, des scènes où le ridicule le dispute au tragique. Quelques rires. Mais une femme, une mère, s'évanouit dans la salle et doit être évacuée. Les policiers, rodés à l'exercice, la transportent à l'extérieur avec des gestes professionnels. Plus tard un cri d'effroi lancé du fond de la salle à l'annonce d'un verdict.
Mais c'est Mourad qui retiendra mon attention... C'est l'histoire d'une histoire qui se répète sans fin, de sentences qui s'enchaînent et aujourd'hui, le vol en récidive. Et la peine plancher. Un avocat commis d'office, quelques mots qui se perdent. Et quelques courtes minutes plus tard...

 

Mourad, 18 ans, a volé un quad et l'a abandonné à des amis peu après sans l'avoir utilisé. Il aura 25 ans lorsqu'il aura terminé de purger toutes les peines qu'il a accumulées.

 

Rideau.

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12 mai 2008

Autour d'une table de salon

Table_salon

Un soir, deux soeurs se retrouvaient...

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02 mars 2008

Lipogramme

    Hier soir Honey, à ma gauche, me rappelait que certains membres de l'honorable Polyblog Frivoli où je réside parfois en colocation, se faisaient extrêmement rares... Hum ?
Ce matin, accablée de culpabilité et alourdie des 2473 calories méthodiquement ingurgitées hier soir dans une atmosphère bonne enfant cultivée par une maîtresse de maison rayonnante où les sujets superficiels sur les perspectives d'évolution de Frivoli pour les années à venir le disputaient sans transition à des réflexions, graves, profondes,  sur les représentations phalliques dans l'Egypte Ancienne*, accablée disais-je donc et l'esprit vif néanmoins, je pris le parti de relever le défi d'une étrange disparition.   

    Il s'agit donc de rédiger un texte de six lignes (en l'occurrence transformées en six vers pour raccourcir l'exercice !) sur le thème du secret, et sans utiliser la lettre E (la contrainte n'exclut pas l'usage de certaines figures de style... comme la répétition... bien pratique quelquefois !)   

* segment rajouté dans la version du Pharisien Libéré à paraître demain

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01 mars 2008

Didine

    J'avais bien aimé Les poupées russes, aussi j'avais bien envie d'aller voir Paris, et l'idée nous plaisait bien à tous les deux. Je m'attendais un peu à y retrouver la peur de la solitude et une certaine tendresse.
    Jeudi soir, pourtant, il y a trop de monde dans la queue devant l'Utopia de Tournefeuille pour espérer jamais arriver à obtenir deux places. Rapide coup d'oeil sur le programme... Autour de nous quelques déçus rebroussent chemin, vont peut-être boire une bière dans un bar, s'embrasser un peu plus loins ou rentrent chez eux le coeur alourdi... Et au programme, il y a Le roi et le clown et Didine. Le premier ne nous emballe pas et je suis sceptique sur le second, mais un peu d'insistance sur ma droite vient rapidement à bout de ma faible résistance. J'aime ce moment où tout sombre, où les voix se taisent, dans l'attente magique aux parfums d'enfance d'une histoire qui va nous être racontée en images.
    Didine... Surnom ridicule, jeune femme maladroite, peu assurée, éternellement seule, toujours accompagnée, en quête perpétuelle de l'âme soeur.
    Je me suis assise pour l'instant magique. Mais Géraldine Pailhas joue juste, elle a dans le regard le souvenir de Mathilde Seigner avec plus de finesse, et à travers 1h45 d'un parcours initiatique à la fois cruel et drôle, s'approprie timidement la vie et rencontre l'amour.
    Autour d'elle, une amie qui mord dans la vie se suicide, une vieille femme acariâtre apprend à sourire, un paumé se cherche, et Nicolas, une pointe d'humour acide dans la voix, l'attend...
    Ce serait presque banal si le ton n'était pas aussi touchant et juste, dans la voix, le geste inachevé, le choix de la robe.
    Seulement un bon film passé inaperçu.

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25 février 2008

Mauvaise mère...

    Une semaine passée déjà... Les vacances de février entrent dans leur seconde phase, que je qualifierai d'active ! Il s'agit, après une semaine de voluptueux farniente, sept jours consécutifs de mollesse attendrie et d'une vie presque normale, de retrouver un semblant d'activité susceptible de justifier ces congés indus. Car au menu, jusque-là, nulle course, point de transports d'enfants, aucun repassage et pas davantage de rangement. Et pis que tout... Pas d'enfants à la maison !
    On me susurre déjà à l'oreille que je dois souffrir le martyre, que ma fibre maternelle doit m'éveiller en sursaut, une angoisse noueuse au ventre, devant le silence retrouvé d'un appartement devenu plus grand ; on ne me plaint pas moins d'être sevrée des faux tracas d'une vraie mère, de ceux qui rendent votre existence indispensable, vous enjoignent d'être juge souverain dans les conflits fratricides, grand sage dans les grandes décisions, infaillible organisatrice de nos vies autrement brouillonnes, et je ne saurais être exhaustive dans la liste de toutes les casquettes maternelles. Je me dois de vous rassurer tous : je souffre en effet... et je souffre fort bien cette perte irréparable quoique provisoire !
    J'aime par-dessus tout ce sentiment de liberté sans mélange, d'abandon de son corps insouciant et décomplexé (même si ce mot me gêne depuis quelques mois désastreux). En somme, j'aime être mère, et je raffole parfois de ne l'être plus... Je goûte aussi le plaisir à peine contenu que je prends à l'afficher sans nuances. Je prends des congés parentaux mérités. Nul sentiment de culpabilité ne peut venir les ternir !
        Je fais donc la tournée des cafetières, dessine des courbes parallèles à ma vie, monte des étagères aux reflets vert amande, je pose un peu ma vie. Je pose aussi.

       Il y a dans les mimosas en fleurs, lorsque je me promène dans cette campagne environnante et paisible, un défi aux derniers soubressauts d'un hiver agonisant et les premières couleurs radieuses du printemps qui s'annonce.
       
   
   

   

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28 novembre 2007

Faisselle de chèvre...

    J'aime beaucoup le fromage, la plupart des fromages, y compris ceux qui vous font sortir de la pièce quand ils y entrent, et ce à un point d'ailleurs tel que cela a arraché un cri d'indignation horrifiée hier soir à ma fille, alors que nous avions jusque-là paisiblement dîné dans la salle à manger.
    "Tu manges CA ?" hurla-t-elle plus qu'elle ne le demanda.
    Pour se reprendre aussitôt, se rendant compte à quel point sa précipitation ne pouvait être que la conséquence d'une erreur de lecture... J'aime le fromage, mais tout de même...
    "Oh, pardon, maman ! J'avais pas vu la première lettre..."
    Effectivement...

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24 novembre 2007

Discrimination positive...

    Nicolas Sarkozy n'a de cesse de rappeler son attachement à la diversité gouvernementale. Rama Yade, Rachida Dati, rappelle-t-il, sont belles ! Touchante distinction, cela mérite bien un maroquin... Fadela Amara ? Elle ne semble pas être rentré dans le cercle restreint du monarque.
    Néanmoins, Nicolas Sarkozy, en visite à Pékin sous peu, a dispensé la première du voyage. Les questions essentielles, comme celle des droits de l'homme, ne sont pas sous-traitées, répond-on embarrassé à l'Elysée (avis aux intéressés, et ils sont nombreux !) Plus prosaïquement, il semblerait que la Chine ne souhaite pas polluer sa relation de confiance avec la France avec de sombres considérations droitsdel'hommistes. Il semblerait aussi qu'elle ait été entendue.
    Rachida Dati, quant à elle, sera du voyage...

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23 novembre 2007

Autres présidentielles, autres femmes...

"They're not attacking me because I'm a woman, they're attacking me because I'm ahead". Hillary Clinton, Las Vegas, 15 novembre
Ca a une autre classe, quand même...

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24 septembre 2007

Vert amande

    Le regard que nous portons sur notre décor quotidien tient décidément à tout autre chose qu'à notre seule vue. Et si la lumière aveuglante du soleil, lorsqu'elle se réverbère sur la brique, nous arrache parfois insidieusement à nos pensées intimes pour nous rappeler à la vie et à ses couleurs insolentes, il ne faut pas plus qu'un coeur léger, un souvenir délicat, une main abîmée dans la nôtre, pour projeter sur la grisaille d'un jour sans âme une gaité inhabituelle, pour faire de nos monuments ordinaires les piliers massifs d'une histoire orgueilleuse.
    Et la cathédrale Sainte-Cécile d'Albi n'est pas un édifice ordinaire. C'est une démonstration de force, le plus grand ouvrage en brique que le monde ait jamais porté,  la preuve éclatante de la volonté papale d'asseoir sa puissance après la sanglante épopée cathare, après cette répression impitoyable d'une minorité dissidente, après la guerre et ses ruines. Après les corps sans vie qui longtemps hantèrent les nuits des survivants, il fallut deux siècles à l'Eglise pour affirmer sa domination sans failles. Deux-cents ans pour bâtir le gros-oeuvre de cette puissante cathédrale. Rouge brique sur rouge sang.

    Albi la rouge sous un ciel gris. Et hier, dans ses yeux verts.

00057149 cathedrale

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