12 mai 2008
Autour d'une table de salon
Un soir, deux soeurs se retrouvaient...
02 mars 2008
Lipogramme
Hier soir Honey, à ma gauche, me rappelait que certains membres de l'honorable Polyblog Frivoli où je réside parfois en colocation, se faisaient extrêmement rares... Hum ?
Ce matin, accablée de culpabilité et alourdie des 2473 calories méthodiquement ingurgitées hier soir dans une atmosphère bonne enfant cultivée par une maîtresse de maison rayonnante où les sujets superficiels sur les perspectives d'évolution de Frivoli pour les années à venir le disputaient sans transition à des réflexions, graves, profondes, sur les représentations phalliques dans l'Egypte Ancienne*, accablée disais-je donc et l'esprit vif néanmoins, je pris le parti de relever le défi d'une étrange disparition.
Il s'agit donc de rédiger un texte de six lignes (en l'occurrence transformées en six vers pour raccourcir l'exercice !) sur le thème du secret, et sans utiliser la lettre E (la contrainte n'exclut pas l'usage de certaines figures de style... comme la répétition... bien pratique quelquefois !)
* segment rajouté dans la version du Pharisien Libéré à paraître demain
01 mars 2008
Didine
J'avais bien aimé Les poupées russes, aussi j'avais bien envie d'aller voir Paris, et l'idée nous plaisait bien à tous les deux. Je m'attendais un peu à y retrouver la peur de la solitude et une certaine tendresse.
Jeudi soir, pourtant, il y a trop de monde dans la queue devant l'Utopia de Tournefeuille pour espérer jamais arriver à obtenir deux places. Rapide coup d'oeil sur le programme... Autour de nous quelques déçus rebroussent chemin, vont peut-être boire une bière dans un bar, s'embrasser un peu plus loins ou rentrent chez eux le coeur alourdi... Et au programme, il y a Le roi et le clown et Didine. Le premier ne nous emballe pas et je suis sceptique sur le second, mais un peu d'insistance sur ma droite vient rapidement à bout de ma faible résistance. J'aime ce moment où tout sombre, où les voix se taisent, dans l'attente magique aux parfums d'enfance d'une histoire qui va nous être racontée en images.
Didine... Surnom ridicule, jeune femme maladroite, peu assurée, éternellement seule, toujours accompagnée, en quête perpétuelle de l'âme soeur.
Je me suis assise pour l'instant magique. Mais Géraldine Pailhas joue juste, elle a dans le regard le souvenir de Mathilde Seigner avec plus de finesse, et à travers 1h45 d'un parcours initiatique à la fois cruel et drôle, s'approprie timidement la vie et rencontre l'amour.
Autour d'elle, une amie qui mord dans la vie se suicide, une vieille femme acariâtre apprend à sourire, un paumé se cherche, et Nicolas, une pointe d'humour acide dans la voix, l'attend...
Ce serait presque banal si le ton n'était pas aussi touchant et juste, dans la voix, le geste inachevé, le choix de la robe.
Seulement un bon film passé inaperçu.
25 février 2008
Mauvaise mère...
Une semaine passée déjà... Les vacances de février entrent dans leur seconde phase, que je qualifierai d'active ! Il s'agit, après une semaine de voluptueux farniente, sept jours consécutifs de mollesse attendrie et d'une vie presque normale, de retrouver un semblant d'activité susceptible de justifier ces congés indus. Car au menu, jusque-là, nulle course, point de transports d'enfants, aucun repassage et pas davantage de rangement. Et pis que tout... Pas d'enfants à la maison !
On me susurre déjà à l'oreille que je dois souffrir le martyre, que ma fibre maternelle doit m'éveiller en sursaut, une angoisse noueuse au ventre, devant le silence retrouvé d'un appartement devenu plus grand ; on ne me plaint pas moins d'être sevrée des faux tracas d'une vraie mère, de ceux qui rendent votre existence indispensable, vous enjoignent d'être juge souverain dans les conflits fratricides, grand sage dans les grandes décisions, infaillible organisatrice de nos vies autrement brouillonnes, et je ne saurais être exhaustive dans la liste de toutes les casquettes maternelles. Je me dois de vous rassurer tous : je souffre en effet... et je souffre fort bien cette perte irréparable quoique provisoire !
J'aime par-dessus tout ce sentiment de liberté sans mélange, d'abandon de son corps insouciant et décomplexé (même si ce mot me gêne depuis quelques mois désastreux). En somme, j'aime être mère, et je raffole parfois de ne l'être plus... Je goûte aussi le plaisir à peine contenu que je prends à l'afficher sans nuances. Je prends des congés parentaux mérités. Nul sentiment de culpabilité ne peut venir les ternir !
Je fais donc la tournée des cafetières, dessine des courbes parallèles à ma vie, monte des étagères aux reflets vert amande, je pose un peu ma vie. Je pose aussi.
Il y a dans les mimosas en fleurs, lorsque je me promène dans cette campagne environnante et paisible, un défi aux derniers soubressauts d'un hiver agonisant et les premières couleurs radieuses du printemps qui s'annonce.
28 novembre 2007
Faisselle de chèvre...
J'aime beaucoup le fromage, la plupart des fromages, y compris ceux qui vous font sortir de la pièce quand ils y entrent, et ce à un point d'ailleurs tel que cela a arraché un cri d'indignation horrifiée hier soir à ma fille, alors que nous avions jusque-là paisiblement dîné dans la salle à manger.
"Tu manges CA ?" hurla-t-elle plus qu'elle ne le demanda.
Pour se reprendre aussitôt, se rendant compte à quel point sa précipitation ne pouvait être que la conséquence d'une erreur de lecture... J'aime le fromage, mais tout de même...
"Oh, pardon, maman ! J'avais pas vu la première lettre..."
Effectivement...
24 novembre 2007
Discrimination positive...
Nicolas Sarkozy n'a de cesse de rappeler son attachement à la diversité gouvernementale. Rama Yade, Rachida Dati, rappelle-t-il, sont belles ! Touchante distinction, cela mérite bien un maroquin... Fadela Amara ? Elle ne semble pas être rentré dans le cercle restreint du monarque.
Néanmoins, Nicolas Sarkozy, en visite à Pékin sous peu, a dispensé la première du voyage. Les questions essentielles, comme celle des droits de l'homme, ne sont pas sous-traitées, répond-on embarrassé à l'Elysée (avis aux intéressés, et ils sont nombreux !) Plus prosaïquement, il semblerait que la Chine ne souhaite pas polluer sa relation de confiance avec la France avec de sombres considérations droitsdel'hommistes. Il semblerait aussi qu'elle ait été entendue.
Rachida Dati, quant à elle, sera du voyage...
23 novembre 2007
Autres présidentielles, autres femmes...
"They're not attacking me because I'm a woman, they're attacking me because I'm ahead". Hillary Clinton, Las Vegas, 15 novembre
Ca a une autre classe, quand même...
24 septembre 2007
Vert amande
Le regard que nous portons sur notre décor quotidien tient décidément à tout autre chose qu'à notre seule vue. Et si la lumière aveuglante du soleil, lorsqu'elle se réverbère sur la brique, nous arrache parfois insidieusement à nos pensées intimes pour nous rappeler à la vie et à ses couleurs insolentes, il ne faut pas plus qu'un coeur léger, un souvenir délicat, une main abîmée dans la nôtre, pour projeter sur la grisaille d'un jour sans âme une gaité inhabituelle, pour faire de nos monuments ordinaires les piliers massifs d'une histoire orgueilleuse.
Et la cathédrale Sainte-Cécile d'Albi n'est pas un édifice ordinaire. C'est une démonstration de force, le plus grand ouvrage en brique que le monde ait jamais porté, la preuve éclatante de la volonté papale d'asseoir sa puissance après la sanglante épopée cathare, après cette répression impitoyable d'une minorité dissidente, après la guerre et ses ruines. Après les corps sans vie qui longtemps hantèrent les nuits des survivants, il fallut deux siècles à l'Eglise pour affirmer sa domination sans failles. Deux-cents ans pour bâtir le gros-oeuvre de cette puissante cathédrale. Rouge brique sur rouge sang.
Albi la rouge sous un ciel gris. Et hier, dans ses yeux verts.
02 septembre 2007
Le meuble jaune
Le temps a suspendu son cours effréné lorsqu'elle a refermé la porte derrière moi. Un parfum de champignons sur le feu, je me suis retenue de m'exclamer.
Un goût de vieux...
Ceux qui ont grandi à la campagne savent qu'on y vit dans la salle à manger. On ne prend pas là seulement ses repas. Bien souvent on y regarde la télévision et on y reçoit aussi les visiteurs, prompts à s'asseoir à la table pour prendre un café et un bout de gâteau. Nul besoin pour cela d'un canapé où l'on s'enfonce inconfortablement et autour duquel on manque de place pour déposer boissons et nourriture.
Nous ne nous connaissons pas, je lui expose l'objet de ma visite inattendue. J'aime aborder les vieux, leur parler et les écouter. J'habite à quelques encablures, je suis intéressée par la location d'un garage et je me suis laissé dire qu'elle en louait plusieurs. Nous bavardons.
Une table à la nappe plastifiée, aux motifs surannés ; un meuble en formica d'un jaune fatigué, l'incontournable fauteuil sans âge câlé dans un coin de la pièce depuis un demi-siècle. Un fauteuil pour s'asseoir. Dans ces maisons-là, c'est souvent la même personne qui y prend place, c'est la sienne depuis toujours. Des tons démodés. La pièce est claire, et les odeurs de cuisine continuent de l'embaumer. Mes papilles frémissent. Je raffole des champignons...
Un goût de souvenirs.
Aucun garage n'est libre à l'heure actuelle, mais elle conservera mes coordonnées que je m'empresse de lui fournir. Elle est vive et enjouée, entraîne la valse des mots vers d'autres horizons. Je m'y laisse emporter.
La salle à manger, figée dans des décennies d'une activité immuable, prend vie de nos voix animées. Nous parlons de tout et de rien, en voisines qui se découvrent. La conversation s'éternise un peu, comme seuls les vieux savent le faire. Le temps n'est plus.
Un goût d'enfance.
Il entre alors de son pas lent, mal assuré. Plus âgé qu'elle, il me remarque à peine, lance un regard distrait vers son épouse qui lui expose l'objet de ma venue, puis il prend naturellement place dans le fauteuil. Une fraction de seconde, un voile de tendresse lasse. Ce qui reste après la passion, les enfants, les incertitudes et les conflits.
Ces deux-là se sont aimés.
Et ce goût d'éternité.
01 août 2007
Cette fois je préviens...
Après les monts, je serai par vaux cette fois... Très peu disponible pendant près de trois semaines !
Bonnes vacances à vous aussi !

